Femme regardant un téléphone, entourée de représentations idéalisées

Le problème n'est pas seulement le temps passé devant un écran. Il est aussi dans la manière dont l'écran installe une référence permanente : le corps des autres, leur maison, leur couple, leur maternité, leur pratique religieuse ou leur réussite semblent devenir l'unité de mesure de notre propre vie.

Une comparaison qui ne part jamais du même point

Nous comparons souvent nos journées ordinaires à des moments sélectionnés. Nous connaissons nos hésitations, nos disputes, notre fatigue et nos échecs ; nous ne voyons chez l'autre qu'une scène. Cette asymétrie suffit à donner l'impression d'être en retard.

La recherche sur l'usage des réseaux sociaux ne permet pas de réduire tous les effets à une cause unique. Elle indique cependant que certains usages, notamment passifs et centrés sur la comparaison, peuvent être associés à une baisse du bien-être ou à davantage d'envie sociale. Les effets varient selon la personne, le contexte et la manière d'utiliser la plateforme.

Le regard social devient un regard intérieur

À force d'anticiper ce qui sera apprécié, commenté ou jugé, on peut commencer à observer sa propre vie comme si elle devait être publiée. Une tenue, un repas, une relation ou un moment spirituel perdent alors une part de leur intimité : la question n'est plus seulement « qu'est-ce que je vis ? », mais « qu'est-ce que cela donne à voir ? ».

Une question plus utile que « dois-je tout supprimer ? »

Il n'est pas toujours nécessaire de quitter les réseaux sociaux. Il peut être plus fécond d'identifier ce qu'ils réveillent précisément : le sentiment de ne pas être assez belle, assez croyante, assez aimée, assez productive ou assez entourée. Ce point de douleur raconte souvent une histoire plus ancienne que l'application elle-même.

Dans un accompagnement, cette comparaison peut être reliée à l'histoire personnelle, aux attentes familiales, au milieu social et aux valeurs qui comptent réellement pour vous. C'est à cet endroit que le regard peut commencer à se déplacer.

Repères et sources
  • Kross E. et al. (2013), « Facebook Use Predicts Declines in Subjective Well-Being in Young Adults », PLOS ONE.
  • Verduyn P. et al. (2017), « Do Social Network Sites Enhance or Undermine Subjective Well-Being? A Critical Review », Social Issues and Policy Review.
  • Les associations observées dans la recherche ne signifient pas que les réseaux sociaux produisent les mêmes effets chez toutes les personnes.

Cette comparaison vous épuise ?

Nous pouvons chercher ensemble ce qu'elle touche dans votre histoire.

Demander un échange